Vert contre Flash : Quand Captain Vegetal s'invite chez Martin Parr

Global Warning, l'exposition sur Martin Parr, est à retrouver du 30 janvier au 24 mai 2026 au Jeu De Paume à Paris.

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Je suis sorti du Jeu de Paume avec une sensation étrange, un mélange de sourire aux lèvres et de légère confusion. En parcourant les 50 ans de carrière de Martin Parr et son exposition, on ne prend pas seulement une claque visuelle : on sent le poids d’un monde qui a un peu perdu ses repères.

 

L'esthétique du "Flash" : Entre couleur vive et vérité crue

Ce qui m'a frappé, étant intéréssé au végétal, c’est évidemment sa gestion de la couleur. Chez Captain Vegetal, nous passons nos journées à chercher le vert, la nuance vibrante d'une feuille de Monstera ou l'éclat singulier d'une plante qui vit dans des bureaux citadins.

Parr, lui, utilise cette même saturation pour souligner l'absurde. Ses rouges sont trop rouges, ses bleus sont électriques. En observant ses clichés, j'ai réalisé que nous partageons un intérêt commun : celui de la singularité visuelle. Sauf que là où il pointe du doigt la frénésie consumériste, nous utilisons cette force visuelle pour redonner une place centrale à la nature dans les bureaux et dans les villes.

Un regard sur l'Anthropocène (sans le filtre Instagram)

L'exposition s'articule autour de ce "désordre généralisé". On y voit les ravages du tourisme de masse, la domination de l'asphalte et notre dépendance aux technologies.

"Le constat est là : notre rapport au vivant est devenu ambivalent. On photographie la nature plus qu’on ne la vit."

En marchant entre les séries des années 70 et celles d'aujourd'hui, j'ai ressenti l'intérêt de notre mission chez Captain Vegetal. Si Parr documente "les dérives de nos modes de vie" avec une ironie mordante, nous essayons, à notre échelle, d'y apporter un contrepoint concret. Face au "tout-béton" et à la "surconsommation globale" capturés par son objectif, la végétalisation n'est pas qu'une question d'esthétique : c'est un acte de résistance douce.

Du "Kitsch" de Parr à la résilience végétale

Il y a une forme de satire britannique chez Parr que j'adore, une moquerie douce-amère sur nos turpitudes contemporaines. Mais au milieu de ces 180 œuvres, j'ai surtout vu un appel indirect à ralentir.

Quand je prends en photo l'une de nos installations ou simplement nos plantes, je cherche cette même précision : capturer l'instant, la texture, l'éclat. Mais là où le flash de Parr révèle parfois une certaine vacuité moderne, j'espère que nos photos de plantes révèlent, elles, une promesse de durabilité et de respiration !

Le Bonus Captain Vegetal : Quand l'atelier s'approprie le flash !

Je suis revenu à l'atelier tellement inspiré que j'ai voulu tenter l'expérience. J'ai confié l'appareil photo aux filles de l'atelier en leur demandant de recréer cette esthétique "Flash" : un flash cru, des couleurs qui crient, la vérité de l'instant.

Le résultat ? Elles ont été trop fortes !

Regardez cette photo de Julie, notre seconde d'atelier. Le flash capte parfaitement le vert profond de la plante, qui contraste de façon brutal avec son pantalon ultra-flashy et l'éclat de ses gants rouges de protection. C'est exactement l'esprit de l'exposition : le trivial magnifié par la lumière, la cohabitation de l'organique et de l'artificiel.

C'est peut-être aussi ça, l'héritage de Parr : oser le contraste, la vérité sans filtre, pour mieux voir ce qui compte vraiment. Pour nous, c'est ce vert résilient qui continue de pousser et tous les gens qui l'entretiennent, quoi qu'il arrive.

Courez voir cette exposition. Elle pique et elle amuse. 

Du 30 janvier au 24 mai 2026 au Jeu De Paume à Paris.